Quelle langue choisir pour un rituel?

Arnaud THULY février 3, 2012 6
Quelle langue choisir pour un rituel?

Je suis actuellement en pleine lecture du dernier ouvrage de magie écrit par l’une de mes amies (il faut dire que j’ai du temps libre depuis un moment ^^). Au cours des divers sujets abordés dans le dit ouvrage, l’un d’eux a retenu mon attention et m’a donné envie d’en parler sur le blog: celui de la langue utilisée dans les rituels.

Pendant de très nombreuses années, j’ai moi-même adhéré à la thèse « officielle », que l’on voit communément tant dans les livres que sur le web, à savoir: « ne pratiquez  pas un rituel dans une langue que vous ne comprenez pas car cela serait tout simplement inefficace, préférez au contraire votre langue maternelle ».

En y réfléchissant un petit peu, cet avertissement parait être le bon sens même. A quoi bon utiliser une langue qu’on ne maîtrise pas pour réaliser un rituel plus ou moins complexe dont les conséquences peuvent nous êtres très importantes? Bien sûr les puristes conservateurs vous diront toujours que rien ne vaut le latin/grec/hébreux pour pratiquer à l’ancienne (comme si l’ancienneté donnait une légitimité supplémentaire), mais outre la bonne vieille défense de la pureté de la langue (ou la suprématie d’une langue sur les autres) et de la non dénaturation des rituels, on constate généralement que l’argumentaire s’arrête là.

Ayant toujours eu de très bons résultats avec des rituels en français, n’ayant jamais été un grand fan des longues déclamations en latin ou en grec, je ne m’étais  jamais vraiment posé la question de savoir si c’était vraiment mieux ou pas de procéder de cette manière, et il est fort probable que si mon parcours n’avait pas été  un peu atypique, je n’aurais surement jamais pris la peine de véritablement m’interroger à ce sujet et n’aurais probablement jamais remis en cause la thèse établie.

Ma vision des choses a complètement changé il y a un peu plus de 3 années de cela. Lors d’une traque (voir articles précédents), je suis tombé sur un « survivant ». Un  égrégore qui devait exister depuis au moins 1500 ans et qui ne devait subsister que grâce à des apports énergétiques ponctuels. En soit cela n’a rien de très étonnant,  il y en a des beaucoup plus anciens encore. Mais ce qui faisait sa particularité, c’est qu’il semblait exister encore comme l’entité qu’il était il y a 1500 ans.

Généralement, un égrégore étant tributaire en tout ou partie de ses créateurs, celui-ci « s’adapte » à ses croyants, évoluant en forme mais aussi en langage (sans pour  autant perdre son passif). Ainsi il n’y a rien d’étonnant à ce qu’une ancienne divinité grecque « connue » et encore célébrée soit en mesure de converser dans un français  impeccable, même si ce n’était pas sa langue d’origine (je prends l’exemple du français car nous sommes en France mais l’anglais est tout aussi valable).

Mais étonnamment, cet égrégore ne répondait pas aux critères habituels (ce qui prouve qu’il y a beaucoup à apprendre sur le sujet ^_^), en effet, il ne semblait  maîtriser que sa langue « natale » (que je n’ai pas pu identifier avec certitude, probablement de l’hébreux, cela semblait sonner un peu pareil) ce qui signifie qu’il  n’a pas été en mesure d’en apprendre d’autre. En clair, toute forme de communication par des mots (je le souligne bien car ce n’est pas le seul type de communication possible) était impossible dans la mesure où je ne maitrisais pas sa langue et  lui la mienne.
Je ne m’attarderai pas d’avantage sur cet égrégore et sur cette expérience afin de ne pas vous ennuyer ( Alice et Julia, j’ai une pensée pour vous qui avez dû  m’écouter déblatérer pendant des heures à ce sujet au resto ^_^ ). Sachez juste que j’ai eu d’autres occasions ensuite de retomber sur le même phénomène, que je ne soupçonnais pas jusqu’alors.

L’important est de comprendre le problème que cela soulève:

Certaines entités ne sont simplement pas en mesure de comprendre autre chose que la langue de leurs créateurs. Si vous en appelez une qui n’est pas en mesure de vous  comprendre, vous pourrez faire toutes les rimes que vous voudrez et le faire dans le meilleur français qui soit, elle restera sourde à vos supplications et votre  rituel fera un flop.

Voilà pourquoi contrairement à ce que l’on peut lire partout, le choix de la langue est très important dans le rituel que vous allez réaliser et c’est un point à considérer avec attention. Si vous faites appel à une entité « classique » des divers panthéons connus partout dans le monde, vous n’avez guère à vous inquiéter et vous pourrez utiliser n’importe quelle langue commune.
Mais dans beaucoup de vieux rituels ou de rituels liés aux anges, on retrouve des entités qui sont clairement méconnues voire totalement inconnues du grand public.  Parmi celles-ci, une bonne partie ne parle que leur langue maternelle. Il convient donc de bien prendre en considération cet élément si vous souhaitez faire appel à ce genre d’entités.
Si vous avez un rituel en latin qui fait appel à une entité dont vous ne trouvez le nom nulle part, réfléchissez-y à deux fois avant de vouloir l’adapter en français, vous pourriez être déçu par le manque de résultat même si l’entité se présente à vous.

Et si vous ne comprenez pas ce que vous lisez et que personne n’est en mesure de vous l’expliquer clairement et que cela vous déstabilise, alors faites le bon choix: réalisez un autre rituel et appelez une entité connue, ce n’est pas ce qui manque! (et le fait que ce soit ancien ne le rend pas plus puissant!)

Bonne pratique à tous

6 commentaires »

  1. Lord Professeur Vendredi 3 février 2012 à 11 h 19 min - Reply

    Bonjour,

    C’est un problème qui se pose en effet. Pour ma part j’ai toujours privilégié le latin. Je vous assure que je n’ai jamais fait de latin de ma vie. Bien que petit à petit je commence à connaitre certains mots. Mais je me suis toujours mis comme principe de traduire ce que j’allais dire. Maintenant avec reverso, on obtient de très bonnes traductions, c’est beaucoup plus simple. Après à vous d’améliorer votre prononciation, car un rituel mal prononcé donnera de moins bons résultats voire aucun.

  2. Aline Bringmann Samedi 17 mars 2012 à 23 h 32 min - Reply

    Bonjour, Je vous ecris des Etats Unis, ou j’habite a present ! et je suis une « eternelle Student) .
    Il y a un dicton « lorsque l’etudiant est pret, le maitre se presente »
    et c’est vrai…Maitre, pourriez vous me dire si il y a un site,ouje pourrais avoir un guide dans ce domaine, quelqu’un qui pourrait me guider et me donner des conseils. Je suis Reiki Master et professeur,mais pas enseignante maintenant a cause de la situation economique.

    Je savaisque vous etiez malade, sans en savoir les details ! et je sais plus ou moins la situation ou vous etiez…Mon fils a la mico
    vicidioze (CF cystic Fabrosis) ici au USA, et il a des amis qui attendent pour des transplants de poumons… je vis dans ce milieu,
    constement, heureusement, mon fils est relativement Ok, il a 20 ans, est spirituel, comme moi, Je me suis laissee dire plusieurs fois,
    que « my soul is very old as the earth itself ! et que mon fils et moi, avons partages plusieurs reincarnations. je vous remercie pour quelques conseils que vous pourriez me donner Amicalement Aline

    • Arnaud THULY Jeudi 31 mai 2012 à 12 h 02 min - Reply

      Bonjour,
      Tout d’abord mettons les choses au point, je n’ai rien d’un maître, je me considère moi même comme un étudiant en apprentissage permanent. On en reparlera peut être dans 30 ou 40 ans mais il serait bien prétentieux de vouloir revendiquer un tel titre en sachant pertinemment que je n’en ai pas l’etoffe ^_^ .

      Pour en revenir à votre demande, quel type de conseils recherchez vous précisément et dans quels domaines?
      Bonne journée
      Arnaud

  3. Amalice Lundi 8 octobre 2012 à 10 h 09 min - Reply

    Bonjour Arnaud,

    j’ai une question: avez-vous constaté, personnellement, un changement dans l’efficacité de vos rituels depuis que vous avez adapté la langue? (question valable que si vous l’avez fait, évidemment.)
    J’avais lu quelque part (malheureusement, je ne saurais plus dire où, cela fait longtemps) qu’il n’existait pas de barrière de langage dans le plan astral et que toutes les entités sont en mesure de se comprendre par leur « vibration », si je puis dire. Ne peut-il en être de même pour la langue utilisée dans un rituel? Après tout, n’est-ce pas l’intention (et donc la vibration) que l’on met dans la demande qui compte et sera comprise, plutôt que la langue? J’ai tendance à penser que les entités, quelque soit leur nom, sont des égrégores universels, complètement détachées de nos limites physiques (et le langage parlée en est une.) Peut-être que je me trompe complètement. Ce sont les interrogations d’une novice qui revient sur la Voie.

  4. Amalice Lundi 8 octobre 2012 à 22 h 00 min - Reply

    Merci Arnaud pour cette réponse.
    Au fond, je suis tout à fait d’accord, je vois mieux à quoi vous faites allusion. Les égrégores, effectivement, dépendent de ceux qui les créent et les vénèrent et possèdent donc les mêmes limites que ces derniers. Limites d’autant plus définitives que les dits créateurs et adorateurs n’existent plus, cela va de soi.
    Rentrer en communication avec ces entités oubliées (et donc, les faire re-vivre, d’une certaine façon) voilà une pratique fascinante ! En quelque sorte, ce doit-être comme rentrer en communication avec la mémoire du monde!
    Pour ma part, je faisais humblement allusion à la magie rituelle classique, pour laquelle, à mon sens, le choix de la langue n’a aucune pertinence. Si j’ai tendance à croire à une forme de communication universelle dans l’astral, ce n’est pas uniquement cela. J’ai, personnellement, beaucoup de mal avec la notion de divinités à évoquer pour s’assurer le résultat d’un rituel. Les rares fois où j’ai pratiqué de façon classique, j’ai toujours eu la sensation de brasser du vent, que cela sonnait creux, que je perdais de vue l’essentiel.
    Je reste marquée par ce conte hindoue, dans lequel Brahma cherche un endroit pour cacher la divinité de l’homme et dit: « Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme: nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher. » Depuis ce temps-là, conclut la légende, l’homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, exploré la lune et le ciel à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.
    Les divinités sont, je le crois, la personnification de ces capacités que nous cherchons à atteindre, de ces énergies que nous espérons mettre en branle, mais qui sont déjà en nous. (Cela dit, que les divinités existent bel et bien par la force des choses, cela est un autre débat).
    Comprendre cela et parvenir à se détacher du décorum, est à mon sens le but à atteindre. C’est là que réside le véritable « pouvoir/sagesse »: réaliser que toutes les possibilités sont finalement en notre possession. A cet instant, la volonté s’affranchit de tout et donc de la langue. Comme vous le remarquez d’ailleurs, la psalmodie, quand elle est employée, ne fait que suppléer, palier un manque de volonté et de conviction, et de même, peut-être, l’évocation d’entités…

    P.S: Les paroles de l’entité païenne à laquelle vous faites références me touchent, car ce qu’elle dit dénote parfaitement de la tendance actuelle : aujourd’hui, l’Homme ne respecte plus rien, pas même lui-même.

  5. Rinalalune Samedi 15 février 2014 à 20 h 44 min - Reply

    Bonjour,

    Et merci pour cet article :) Il est vrai que l’usage de la langue dépend de l’entité appelée, j’en ai moi aussi fait l’expérience, mais il y a également une autre raison d’utiliser des langues originelles pour certains rituels ; tout simplement par leur structure et phonétique même. Les mots utilisés ne le sont pas uniquement pour leur sens mais également pour la vibration émise par leurs sonorités et leur rythme.

    A l’instar des mantras, les vibrations des textes rituels participent à l’action magique, par leur action sur l’état d’esprit de l’opérant, et aussi par leur répercussion générale.
    On retrouve cette idée dans la magie shinto par exemple, qui y associe également des séquence de gestes qui doivent correspondre et exécutés simultanément aux paroles rituelles.

    La comparaison peut paraître un peu bizarre, mais c’est également à peu près le même principe que celui du dressage. Il est reconnu que les langues les plus adaptées au dressage canin, sont l’allemand et l’espagnol, par exemple ; car les sonorités et vibrations de ces langues permettent une meilleures perception des ordres donnés.

    De la même manière, certaines langues seront plus propices à certaines utilisations que d’autres. L’hébreux pour l’invocation des anges, le gaélique pour le contact avec les « esprits naturels », etc…

    Cependant, s’il est vrai que l’utilisation de langues non maternelles et non maîtrisées peuvent être utiles, voir souhaitable, il est évident que prononcer un rituel auquel on ne comprend rien est très dangereux ! Il faut donc quand même pouvoir obtenir une traduction correcte (attention aux traducteurs automatiques en ligne qui donnent parfois des traductions complètement opposées au sens originel du texte, surtout lorsque celui-ci est de nature poétique) avant de se lancer ;)

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