Spiritisme Partie I : Histoire du Spiritisme

Arnaud THULY mai 20, 2013 6
Spiritisme Partie I : Histoire du Spiritisme

Bonjour à tous,

J’ouvre aujourd’hui un nouveau petit dossier, consacré au Spiritisme. J’ai eu l’occasion d’assister il y a peu à une petite émission en direct d’une chaîne sur youtube nommée l’Acropole de Mik (cliquez sur le lien pour être redirigé sur la page FB), au cours de laquelle nous avions très succinctement abordé le thème du spiritisme. Je me suis donc dit qu’il serait intéressant de traiter plus en détail cette pratique, très connue au moins de nom, mais qui finalement véhicule un nombre incroyable de clichés et reste donc une pratique certes connue, mais souvent mal connue.

Nous allons donc dans les prochaines semaines (à raison d’un article par semaine) aborder ce thème sous la forme de 3 articles, le premier consacré à l’histoire du spiritisme, le second à ce qu’on peut en attendre et enfin le troisième aux règles pour pratiquer correctement (j’étais parti sur une dizaine de règles mais peut-être qu’il y en aura un peu plus, ou un peu moins), le tout accompagné de quelques histoires vécues et croustillantes afin d’illustrer mes propos.

Bonne lecture à tous.

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A une époque où l’ésotérisme tend à se populariser et à se répandre dans toutes les strates de la société, le spiritisme reste bien souvent le premier contact du grand public avec le monde occulte. Amusement pour les uns, sujet sensible pour les autres, le spiritisme, depuis sa création (ou sa remise au goût du jour) a fait couler beaucoup d’encre (nous avons même la chance d’avoir un Français comme star mondiale sur le sujet, j’ai nommé Allan Kardec), et tout le monde a son avis sur la question: fumisterie, prestidigitation, phénomène psychologique, esprits, égrégores, diable et démons…
Bien entendu, la majorité des gens qui en parlent n’ont jamais pratiqué de leur vie ou se sont limités à des expériences incrédules, mais ainsi est fait l’ésotérisme: tout le monde aime avoir un avis et l’exprimer, même si il ne repose pas sur grand chose.

La conséquence directe à cela est qu’on assiste à une augmentation significative du nombre de séances spirites à travers le monde, à fortiori chez les jeunes qui prennent le plus souvent ça comme un simple jeu « pour faire peur » (j’aurai l’occasion de vous raconter une histoire intéressante à ce sujet), ou chez les personnes en quête de réponses suite à la disparition d’un proche et qui sont alors prêtes à écouter tout ce qui pourrait leur être délivré, devenant ainsi les proies faciles de personnes à l’éthique loin d’être irréprochable. Il suffit de regarder les émissions anglaises ou américaines qui nous présentent des médiums faisant un show digne d’Oprah Winfrey pour bien se rendre compte de la manière dont cette pratique peut être détournée pour se rapprocher du mentalisme et ainsi abuser des personnes fragiles psychologiquement.

Pour autant, il serait dangereux de croire que le spiritisme ne soit qu’un phénomène de foire pour attirer le chaland. Le spiritisme EST une réalité (l’origine des phénomènes est par contre une autre histoire), qui peut avoir des conséquences graves quand il est pratiqué n’importe comment et par n’importe qui. Il convient donc de ne pas se lancer bêtement « pour s’amuser », et de prendre la peine de bien se renseigner sur le sujet avant de pratiquer.

 

Histoire du spiritisme

Loin de moi l’idée de vouloir vous raconter toute l’histoire du « spiritisme », mais j’aime à considérer que savoir d’où l’on vient permet de mieux appréhender où on va. Connaître le passé est une force pour quiconque espère comprendre le présent et l’avenir. Ne vous inquiétez pas, on va essayer de résumer ça dans les grandes lignes sans que cela ne soit trop barbant.

Portrait d’Allan Kardec paru en 1869 dans le journal L’Illustration.

Contrairement à une idée reçue, le spiritisme est une pratique assez récente. C’est Hippolyte Léon Rivail Denizard, plus connu sous le nom d’Allan Kardec, qui inventera cette dénomination vers les années 1850 pour décrire une pratique mise

Portrait des trois sœurs Fox: Kate, Léah et Margaret

(ou remise) en lumière par 3 anglaises du nom de Kate, Léah et Margaret Fox (plus connues sous le nom des sœurs Fox).
Par assimilation, on a alors parlé de spiritisme pour décrire les pratiques courantes qui avaient lieu dans l’antiquité ou au moyen-âge pour converser avec les morts. Pourtant, il s’agit-là d’une erreur assez significative des historiens de la fin du 19ème début 20ème, puisque ces pratiques portaient déja un nom beaucoup plus adapté: la nécromancie.
La nécromancie, bien loin des fadaises de jeux de rôles héritées de certaines croyances moyenâgeuses, ne consiste pas à réveiller les morts au sens strict du terme, mais à les réveiller au sens littéral. De necro νεκρός (mort) et mantia μαντεία (divination), la nécromancie (à ne pas confondre avec la nigromancie comme c’est là aussi trop souvent fait) est bien l’ancêtre du spiritisme, mais les pratiques qui s’y rapportent étaient… disons… moins orthodoxes et demandaient généralement l’usage d’ossements d’un mort, qui permettaient de se mettre en contact avec celui-ci par un rituel pour obtenir des réponses à ses interrogations.
L’odyssée d’Homère nous relate par exemple un intéressant rituel de nécromancie, dont l’aspect pratique reste métaphorique, mais dont le fond est cependant très représentatif d’une pratique assez courante dans l’antiquité.

Le spiritisme, tel qu’on le pratique encore aujourd’hui, est hérité de la doctrine spirite fondée par Allan Kardec. On se l’imagine difficilement, mais à la fin du 19ème siècle, le spiritisme rencontrait un essor tel qu’il était devenu l’un des sujets principaux de discussion à égalité avec les phénomènes politiques ou les guerres. C’est dire.

Après la mort du maître, le spiritisme continue à vivoter puis décline progressivement. La condamnation par l’église de cette pratique, les oppositions avec d’autres mouvements occultes et l’apparition de scissions au sein même du groupe auront raison de cette pratique devenue philosophie à part entière. Malgré tout, on considère qu’il existe encore à ce jour plus de 10 millions d’adeptes à travers le monde (dont une forte majorité au Brésil qui semble n’avoir aucun souci pour intégrer un grand nombre d’idéologies religieuses parfois contradictoires)

Hors du cadre idéologique, le spiritisme continue d’être pratiqué par des médiums, des occultistes mais aussi par des jeunes en quête de sensationnel ou (hélas) par des charlatans en quête de gros sous.

Les méthodes

Au delà de la philosophie spirite, les moyens employés ont eux aussi beaucoup évolué au fil du temps.

- Au milieu du 19ème siècle, le principe des tables tournantes était le moyen préféré des adeptes du spiritisme. Ce sont les sœurs Fox qui les mirent à la mode. Mais les révélations d’une d’entre elles sur les méthodes qu’elles avaient pu employer pour tricher sonnèrent le glas de cette pratique qui tomba dans la désuétude en quelques années. Bien qu’elles continuèrent (et continuent parfois) d’être employées par certains cercles spirites, elles ne rencontrent plus l’engouement des premiers temps.

- Vint alors le tours de la possession, version vintage du channeling mais en plus impressionnante, à rapprocher potentiellement des oracles rendus en Grèce antique. Le médium qui dirigeait la séance accueillait en lui l’esprit du défunt qui se manifestait aux participants. Un grand nombre de témoignages nous parlent de phénomènes très impressionnants, où le comportement, les propos et la voix de la personne changeaient considérablement. Phénomènes de transe, convulsions, perte de conscience, les témoignages ne manquent pas… mais relatent aussi des cas qui ont très mal tournés. C’est probablement pour cette raison que peu à peu, cette méthode fut laissée de côté. Elle semble reprendre de l’ampleur dans les pays d’amérique latine où le show reste très payant, mais en occident, elle a laissé la place à des pratiques moins virulentes.

- L’une des évolutions de la possession est désormais le channeling. Le médium n’est plus possédé mais reçoit directement les messages qu’il peut ensuite relater soit de manière consciente, soit de manière « inconsciente » comme c’est le cas pour les phénomènes d’écriture automatique par exemple. Ces méthodes ont été déclinées puisqu’elles servent désormais également au contact avec toutes sortes d’entités.

- Enfin, la planche oui-ja qui est devenue en l’espace d’une quarantaine d’année le principal outil utilisé en spiritisme. Il va des simples lettres écrites sur des bouts de papier accompagné d’un verre à alcool à la planche oui-ja en bois ou en ardoise avec goutte (sur roulettes ou non), en passant depuis une petite dizaine d’années environ par les planches pour pendule, qui permettent une pratique du spiritisme en solitaire (dont je suis un grand fan au passage).

Il est probable que d’autres techniques existent mais elles me sont soit inconnues, soit ne constituent qu’une évolution d’une des techniques décrites précédemment.

Ainsi s’achève ce très bref récapitulatif de l’histoire du spiritisme. Je vous dis à dans quelques jours pour la suite de ce dossier que nous consacrerons à ce qu’il est possible d’attendre d’une séance de spiritisme.

6 commentaires »

  1. Margo Lundi 20 mai 2013 à 11 h 58 min - Reply

    Très intéressant. J’ai hâte de lire la suite. Avoir des témoignages de quelqu’un de sérieux, c’est toujours bon à prendre.

  2. Marina Dimanche 1 septembre 2013 à 22 h 22 min - Reply

    Super article ! trés agréable de faire un tour sur votre site ;)

    bonne continuation

    Marina

  3. ERIC Mercredi 13 novembre 2013 à 10 h 42 min - Reply

    super enfin un site serieux

  4. Sébastien G.A. Le Maôut Mercredi 3 septembre 2014 à 10 h 42 min - Reply

    Suis impatient d’avoir la suite de l’article ^^

  5. dune Lundi 14 mars 2016 à 23 h 24 min - Reply

    Encore !!! ;-)

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